La DNP - Partie 3/7: Du rythme à la parole, à l'écriture

5. Les jeux de rythme

La DNP c’est aussi des jeux de rythme car notre langage est rythme.
Notre parole est riche de tous les éléments de la musique : intensités, timbres, durées, hauteurs.

En vivant ce rythme avec votre corps (en tapant le rythme sur vous, sur des objets, en vous déplaçant, en dansant, en utilisant des foulards, des instruments de musique…), vous allez réussir à percevoir tous ces éléments et vous pourrez ensuite les visualiser avec le matériel DNP : les jetons de rythme, et ajouter une parole sur une cellule rythmique.

Madeleine Dunoyer disait :
« la parole est au bout des doigts : déliez vos doigts et vous délierez vos langues ! ».

 

  

Après avoir écouté le rythme, l’avoir tapé sur soi, sur des objets, après l’avoir joué avec des instruments de musique, l’enfant cherche les jetons en moquette pour visualiser le rythme et pouvoir marcher dessus en rythme.

L’enfant, après avoir cherché les jetons de rythme correspondant à la cellule rythmique entendue et vécue corporellement, dit des syllabes puis des mots sur ce rythme.

      

6. Les mimos-mémos

Le rythme permet aussi à l’enfant d’entrer dans les prémices de la lecture, d’exercer le sens de la lecture et de l’écriture, et d’accéder au sens du récit, au travail de la structure syntaxique et pourquoi pas aussi de la grammaire…

Madeleine Dunoyer a créé des petites touches qu’elle a appelé les mémogrammes : les mémos, qui sont la mémoire des noms, des touches de couleur que l’on transporte de l’image dans la phrase, et, les mimogrammes : les mimos, qui sont des mots indispensables pour donner du sens à la phrase, pour donner la structure qui mène à la compréhension. 

Il y a autant de touches que de syllabes sonores, contrairement aux pictogrammes qui sont pour la vue uniquement.

Ici, on « touche du doigt la parole ».

 

 

Dans ce livre à dire, j’ai rajouté les articles aux noms ce qui permet à l’enfant
de prendre conscience des différentes entités (l’article : l’ et le nom : écureuil),
de leur donner du sens et de faire progressivement le lien avec l’écrit
surtout lorsque l’on fait une liaison comme ici pour « les écureuils » ou« l’écureuil ».

 

En 2017 j’ai eu la chance de découvrir avec d’autres formateurs DNP, les recherches d’un Dnpiste canadien, recherches qui se basent sur les outils DNP que sont les mémogrammes et les mimogrammes pour travailler la grammaire.

J’ai trouvé ses réflexions passionnantes et m’en suis inspirée pour accompagner certains enfants ayant des difficultés pour comprendre le sens des mots dans la phrase, pour expliquer les accords entre les déterminants et les mots qui les accompagnent, les verbes et leur sujet…
Toujours de manière ludique et en associant le kinesthésique au visuel et à l’auditif !

Quand je suis sortie de ces quelques jours de formation, de découverte, de partages… avec lui, la première chose que je me suis dit c’est : « enfin j’ai compris toutes ces notions grammaticales si complexes ! Si on m’avait appris ça comme ça quand j’étais enfant… alors j’aurais tout compris ! »

L’objectif est simple : donner du sens, toujours… pour accéder à la compréhension.

Pour cela on a créé des boîtes, beaucoup de boîtes 😉 et on a cherché ensemble à comprendre les phrases, les liens entre les mots… un vrai travail d’enquêteur rendu possible à tous !

Exemple en images, d’un enfant manipulant cet outil.


     

L’enfant manipule des étiquettes dans les boîtes représentant le groupe sujet,
le groupe verbal, les noms, les déterminants, les adjectifs… pour reconstituer des phrases.
Ensuite il écrit la phrase en s’aidant de la phrase structurée avec les mimo-mémo,
phrase qu’il a constituée à partir du travail des étiquettes.

Il peut alors noter les accords qui conviennent et s’autocorriger.

Et bien sûr tout naturellement on en vient à travailler l’écrit, en associant la graphie aux traces, aux mimogrammes et aux mémogrammes.

Le sens est là, la mémorisation est donc facilitée !

 

Exemple de la création d’un album sur les sentiments.

J’ai voulu aider l’enfant à comprendre le sens des mots, à faire le lien entre ce qu’on entend et la manière dont on l’écrit. Cet album a été manipulé par l’enfant après avoir joué sur les sentiments pour mieux se les approprier, après avoir cherché le sens des mots.

Dans ce livre à dire, vous avez à gauche la trace d’articulation du mot “peur”
et à droite l’illustration avec dessous
les mimo-mémo représentant le mot avec son article.

 

Ici, vous avez à gauche la trace de “triste” et à droite l’illustration
avec dessous la phrase en mimo-mémo “Il est triste.”
Pour le mémo du sujet j’ai pris la couleur du personnage (=mémoire du nom),
le mimo du verbe être est représenté par une spirale et enfin le mimo de l’adjectif.

 

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